L'A-Propos

Réfugiés, les lycéens solidaires

 

Depuis maintenant plusieurs mois, un sujet est au cœur de l’actualité, le monde entier en parle : les migrants. Sujets de nombreux amalgames et polémiques qui ont été amplifiés avec les attentats du 13 novembre, nous avons décidé à L’A-Propos d’éclaircir les esprits et de montrer que tout le monde pouvait participer à des initiatives solidaires.

L’expression « crise migratoire » est partout, cependant je préférai parler de réfugiés, car les mots employés ont valeur bien précise. En effet, sans parler des connotations péjoratives du mot « crise », ce terme déshumanise le phénomène : on ne parle plus de personnes, d’humains, d’individus à part entière, mais d’une masse assez vague et lointaine, on parle d’une marée qui nous envahit. Tout d’abord, ces personnes qui fuient leur pays, sont TOUS des réfugiés, peut-être pas d’un point de vue administratif, mais d’un point de vue philosophique si. Ils fuient les bombes, les terroristes, les oppresseurs, l’extrême précarité : des conditions de vie invivables. Bref la guerre. Ceci dit, que vous soyez pour ou contre l’accueil des réfugiés, une bonne partie est déjà là et il faut s’en occuper. Ainsi, des initiatives citoyennes voient le jour un peu partout, même dans certains lycées, comme à Vanves au lycée Michelet. L’A-Propos est allé à la rencontre de Florine, lycéenne à Michelet et initiatrice d’une collecte pour les réfugiés.

C’est à Beaubourg que nous nous donnons rendez-vous. Sur le parvis, je l’aperçois. Nous décidons de prendre un café pour se réchauffer et d’aller s’asseoir à la fontaine Stravinsky. Florine est en Terminale L et rédactrice en chef du Zeugma, le journal de son lycée.

« Le Zeugma ? C’est pour la figure de style déjà [zeugma : coordination de deux éléments de nature sémantique ou syntaxique différente ndrl*], mais aussi pour l’acronyme, malheureusement certains mots se sont perdu au cours des années (rires). Le Z c’est pour zizanie, le E pour euphorie, et le U pour utopie » explique-t-elle joyeusement.

C’est d’ailleurs à l’équipe du Zeugma qu’elle parle en premier de son idée : faire une collecte pour les réfugiés des camps franciliens. Toute l’équipe est partante ! Au Zeugma, presque tout le monde est politisé mais ils partagent tous les mêmes valeurs : la fraternité, la solidarité, l’humanisme…  C’est pourquoi en parler en premier au journal lui parut naturel. De plus, mettre en place son projet dans son lycée était le plus simple et le plus pratique.

D’ailleurs, son lycée est très engagé. Il participe à plusieurs projets solidaires comme des collectes pour Les Restos du Cœur. La direction, très conciliante, encourage la prise d’initiatives et offre alors à Florine et son équipe des locaux pour stocker les dons.

Cependant, il faut trouver une infrastructure capable de définir les besoins des réfugiés dans les camps et qui a le droit législativement de distribuer les dons. C’est par hasard que Florine trouve cette infrastructure. En effet, début septembre, elle participe à des rassemblements pour les réfugiés. Là, elle rencontre un des responsables de SOS Racisme. Ils discutent, elle lui parle de son projet : le partenariat est créé.

La collecte se met très rapidement en place dans le lycée et attire aussi vite les média. Le Monde consacre un article à Florine et à son initiative. Cet article est lu par la rédaction du Petit Journal, qui entre en contact avec elle. Ainsi, le 14 septembre, toute l’équipe du Zeugma participe au « Face-Cam' »  de l’émission. Ils écrivent le discours tous ensemble mais c’est Florine qui le déclame brillamment. 

« Le Petit Journal ? C’était vachement cool ! Tout le monde a été super sympa avec nous. Eric & Quentin nous ont bien fait rire. On a fait trois-quatre répèt’ mais c’était quand même super stressant. Le seul bémol de notre passage, c’est que Martin Weil n’était pas là : les filles de la rédaction étaient très déçues (rires) »--

Elle rappelle quand même que le but du projet n’était pas la médiatisation. Cependant, ils ont été très fiers de pouvoir jouer un rôle d’exemple pour les autres lycées mais aussi de contribuer à améliorer l’image du jeune dans les médias. Trop souvent, on décrit ce drôle d’animal comme désintéressé du monde dans lequel il vit, dépendant des écrans, accro aux jeux-vidéos et incapable de penser par lui-même : quand il fait un blocus c’est pour sécher les cours et surtout pas pour défendre ses idées. Le « jeunes-bashing » est partout et jamais les médias ne mettent en valeur les jeunes engagés. Ainsi Le Zeugma est ravi de contribuer à casser ces stéréotypes.

Le passage au Petit Journal a tout de même été un tremplin pour la collecte : même si la plupart des donneurs étaient des élèves du lycée Michelet, des personnes de toute l’Ile-de-France sont venues déposer des vêtements, des chaussures, des produits d’hygiène ou encore des jouets d’enfants. La collecte a duré deux semaines et a été beaucoup plus importante que prévue : vingt grands cartons et trente gros sacs ont été déposés.

Pour ce qui est de la distribution, c’est à suivre. Ils pensaient aller au camp d’Austerlitz mais il a été fermé alors les lycéens cherchent avec SOS Racisme un nouvel endroit de distribution.

Et vous, Providenciens, Providenciennes ? Vous avez des jouets que vous n’utilisez plus, des habits trop petits, des petits frères et sœurs (ou grands-parents) qui ont arrêté les couches mais il vous en reste. Alors, êtes-vous prêts à être solidaires en vous séparant de ces items ? Etes-vous prêts à faire une collecte pour les refugiés ? Si oui, contactez-nous par mail : journallapropos@gmail.com ou par les réseaux sociaux pour voir s’il est faisable de mettre cela en place à la Pro !


Aurore Maisondieu

28/11/2015