L'A-Propos

Octobre 1853, quand l’empire ottoman déclarait la guerre à la Russie

I.            Les origines de la guerre

a.   L’expansionnisme russe

Le développement des transports modernes a transformé les lieux de pèlerinages, et les pèlerins affluent donc vers les lieux saints, situés sur l’Empire Ottoman. Ainsi l’empire russe et le tout nouvel empire français se livrent une guerre diplomatique pour savoir qui des Catholiques ou des Orthodoxes placeront ses moines sur les lieux saints de la Chrétienté.

Ce motif fut utilisé comme prétexte par Nicolas Ier, empereur russe pour envahir la Moldavie et la Valachie. En 1853, la Russie lance un ultimatum à « la sublime porte » (l’empire ottoman), à savoir de rejoindre son protectorat. La Russie contrôlerait alors les détroits, et pourrait alors accéder aux mers chaudes, objectif inatteint depuis Pierre le Grand.

 

b.   L’empire ottoman en déclin

L’empire Ottoman, depuis le début du XIXème siècle, est touché par les divisions des peuples le constituant. En effet, le réveil des nationalités commence dès les révolutions européennes de 1830, inaugurée par les Français. Les grecs, encore dans l’empire Ottoman se rebellent, autant que les Egyptiens sous l’autorité du pacha Mehmet-Ali. L’Empire Ottoman devient « l’homme malade de l’Europe », et est très vulnérable.

Cependant, ce dernier ne peut accepter l’ultimatum russe et se voit contraint le 4 octobre 1853 de lui déclarer la guerre, après que la Moldavie ait été envahie.

 

II.           La guerre et la menace de l’équilibre des puissances européennes

a.   L’engagement français et la menace du déséquilibre européen

L’Angleterre qui a encouragé la résistance ottomane de peut rester les bras croisés. Elle se voit d’autant plus menacé par la flotte russe qui pourrait atteindre la méditerranée si Constantinople (Istanbul) tombait. Le canal de Suez nouvellement percé (par un français, mais avec des capitaux anglais) se verrait donc menacé.

Napoléon qui cherche en l’Angleterre un allié (car 1ère puissance mondiale, et commerciale), va s’engager dans cette guerre au coté des anglais, pour différentes raisons :

è La guerre peut lui offrir la gloire militaire dont il a besoin pour asseoir complètement son pouvoir.

è Cela lui permettrait aussi de briser l’isolement dipplomatique dont la France est victime, à cause de son ambition imperiale, (même si son amibtion n’est pas guerrière) autrement dit de son régime.

è Enfin, c’est un moyen d’affaiblir une des puissances garantes de l’ordre de 1815 (dû au traité de Vienne).

Les Français, les Anglais et les Piémontais (dont on parlera plus tard) alignent respectivement 95 000, 20 000 et 2 000 hommes ; face aux Russes, 110 000.

 

b.  L’issu de la guerre et la genèse d’une politique étrangère de Napoléon III

La chute de Sébastopol en septembre 1855 décide le successeur de Nicolas Ier, Alexandre II, à traiter. Napoléon III réunit à Paris de février à avril 1856 le belligérant. Le traité de Paris apparaitra comme une revanche du traité de Vienne, et le début de la destruction de l’œuvre accomplie par les vainqueurs de 1815.  Cette mission sera l’une des priorités de la politique étrangère de Napoléon III.

La deuxième priorité de la politique étrangère de l’empereur sera l’affirmation des nationalités. En effet dans ce conflit, la nation roumaine (composée donc de la Valachie et de la Moldavie) triomphe devant l’impérialisme russe, puisqu’elles sont toutes les deux rendues dépendantes.

Carte_des_oprations

 

 III.          L’originalité de cette guerre

a.    L’affirmation italienne

Cavour, dirigeant Piémontais voit dans la guerre de Crimée l’occasion idéale de poser la question de l’unité Italienne, encore sous le joug autrichien. Ce problème sera évoqué dans le congrès de Paris ; et le roi Victor Emmanuel II en profitera car en 1858, une alliance franco sarde sera signée contre l’Autriche et pour l’unité d’un Etat italien du nord.

 

  b.    Le renvoi à l’actualité

La volonté de la Russie d’accéder aux mers chaudes est toujours d’actualité. Et si la Crimée est importante du à son port de Sébastopol, les enjeux de la base militaire russe située en Syrie l’est d’autant plus. Ainsi, le soutien russe pour Bachar el-Assad pose des questions éthiques, mais aussi de l’expansionnisme russe. En effet, la Russie est restée bélliqueuse, au moment où tous les Etats occidentaux sont, si ce n’est pacifiste, plutôt modérés.


Edmond Buchart

28/11/2015